Au revoir voiture Titanic

29 09 2008

Lors de mon arrivée à l’AJECTA il y a 2 ans, j’ai été émerveillé par le matériel roulant, la rotonde, les équipements… Ils transpirent l’histoire. Si les objets pouvaient parler, ils nous conteraient leurs aventures. Une voiture a retenu mon attention. Une voiture de voyageurs rouge, la plus détériorée de toutes, était cachée dans un coin du dépôt. Elle a suscité ma curiosité. J’ai appris par les membres de l’association, qu’elle est l’unique rescapée A7 yfi des voitures Ouest. Sa particularité est d’avoir peut-être transporté les derniers passagers vers leur funeste destin sur le Titanic. Elle a servi comme voiture de cantonnement avant que l’un de nos membres ne la sauve du ferrailleur. Elle est dans notre collection depuis les années 82. Mais le temps ne l’a pas aidé. On ne peut que s’attrister de son état. La situation de ce monument historique, classé par le ministère de la culture et de la communication le 31 janvier 1991, ne pouvait pas durer ainsi. Aussi face à son intérêt historique, le musée de Cherbourg, la Cité de la Mer, s’est porté acquéreur afin de la rénover dans les règles de l’art et compléter leur collection captivante sur le thème du Titanic. Nous sommes, tous les membres, heureux de savoir qu’elle sera laissée entre de bonnes mains, pour qu’elle devienne enfin un monument historique digne de ce nom. Lire la suite…
A7 yfi Titanic


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Description de la A7 yfi 5(1)

La compagnie PLM (Paris-Lyon-Marseille) et la compagnie PO (Paris-Orleans) furent les premières à construire dès 1888, des voitures à bogies et intercirculations. Ces voitures dont l’évolution venait des Etats-Unis, étaient adaptées à l’accroissement de la vitesse et à la mauvaise qualité des voies. Elles offraient un confort supérieur. La compagnie de l’Ouest qui traversait des difficultés financières, ne pouvait pas faire l’impasse sur la demande accrue de confort, qu’offrait ce genre de voiture. Elle fit construire entre 1899 et 1908, année de sa disparition, 49 voitures de première classe à sept compartiments, de six places chacun. Il y avait un seul toilette à une des extrémités. Un tissus gris « mastic » habillait les sièges et les parois des compartiments. Les têtières en guipure étaient brodées avec le logo de la compagnie. Sept strapontins étaient disposés dans le couloir en face de chaque compartiment. Nouveauté pour l’époque, cette voiture était équipée d’une dynamo et d’un coffre à batterie pour alimenter en électricité. L’originalité des voitures d’express de la compagnie de l’Ouest, était le revêtement extérieur de la caisse composé de lattes de teck vernies. La signalétique était peinte en jaune et ombré de noir. Dans un souci d’entretien et de sécurité, ses lattes furent recouvertes dans les années trente de fines plaques de tôle peintes. La toiture en lattes de bois est recouverte de toile goudronnée.

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Caractéristiques :
Longueur = 19,50m
Poids=environ 30 tonnes
Bogies = « Pennsylvania », plus souples au roulement que les « Wagons-Lits » qui équipaient les premières
Châssis = composé de deux brancards en acier, entretoisé acier (les premiers exemplaires était entretoisés en chêne).
Construction= Numéro de la voiture inconnue, se situant entre la 7007 à 7012, construite par la Compagnie générale de Construction à Saint- Denis en 1899.

Le 10 avril 1912

Au revoir voiture Titanic dans Preservation de notre patrimoine st-lazare%2003Express Paris-Cherbourg

La rame «  New-York Express » quitta la gare de Paris Saint-Lazare à 9h40, pour arriver à Cherbourg-Maritime aux alentours de 15h30.Cette rame transportait 142 passagers de 1ère classe dont John Jacob Astor , fondateur d’une chaîne d’hôtels de luxe et sa jeune épouse Madeleine
.
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En voyage en France avec l’une de ses filles, leur amie Madame James Joseph Brown, plus connue sous le nom de Molly Brown, en grand-mère attentive, elle écourta son voyage pour retourner aux Etats-Unis, pour être au chevet de sa petite fille malade de 5 mois. Elle sera aussi au départ le 10 avril 1912 à Saint-Lazare. Elle aura une conduite digne d’éloges au cours du naufrage du « Titanic », en aidant les femmes à évacuer le bateau, en prenant le commandement du canot et récoltant des fonds pour les survivants des classes inférieures.

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canot 6, où Molly Brown a embarqué

Seule une trentaine de personnes effectuaient le voyage en seconde classe. L’ensemble de la rame était complétée par une voiture restaurant et deux fourgons à bagages. Dans l’état des recherches actuelles, il n’est pas possible de déterminer quelle locomotive tirait cette rame le 10 avril 1912. Les locomotives « Pacific » du nouveau Réseau de l’État, destinées aux services de prestige, venaient à peine d’être livrées et leur mise au point donnait lieu à certains déboires.

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Le 15 avril 1912

Le Titanic, alors réputé insubmersible grâce à une coque à double fond et à compartiments, sombre définitivement vers 2h20 au large de Terre-Neuve suite à un choc avec un iceberg un peu plus de deux heures plus tôt. C’est la plus grave catastrophe maritime en temps de paix (1513 victimes). Prévu pour accueillir 3500 passagers dans un cadre des plus luxueux, il ne dispose à bord de canots que pour 1178 personnes. On ne comptera que 700 âmes sauvées environ sur 2201.

Emplacement du naufrage du Titanic

emplacement du naufrage du Titanic

 

Carrière et évolution

La situation financière difficile de la compagnie de l’Ouest n’a pas permis de développer suffisamment de voitures à bogies, pour composer l’ensemble des trains express et rapides, sur les lignes Paris-Le Havre, Paris-Cherbourg, Paris-Le Mans-Rennes-Brest, Paris-Angers et Paris-Nantes via Segré. Le réseau de l’Etat, repreneur de la compagnie de l’Ouest commanda en 1910 un contingent important de voitures, dont la livraison s’est déroulée durant 1912. Il est donc fort probable que le train transatlantique qui amena les passagers de 1ère et 2ème classe de Paris- Saint- Lazare à Cherbourg- Maritime, pour embarquer sur le Titanic, le 10 avril 1912 était composé partiellement, de voitures type « Ouest ».

Dans les années 20, ces voitures se démodèrent rapidement, avec la modernisation du réseau de l’Etat et l’arrivée de voitures entièrement métalliques, réputées plus sûres et plus confortables. Dans les années 30, elles furent déclassées progressivement en seconde, puis en troisième classe. Lors de la création de la SNCF en 1938 il ne subsistait plus que 72 exemplaires. La seconde guerre ne facilita pas leur conservation. Les prestations des derniers exemplaires se terminèrent entre 1948 et 1955. Celles qui ne subiront pas la destruction, ont servi de véhicule de service (cantonnement, atelier, wagon…)

La « voiture du Titanic », classée au titre des monuments historiques par le ministère de la culture et de la communication le 31 janvier 1991 est l’unique survivante de cette petite série, typique de la compagnie de l’Ouest en ce sens qu’elle constitue une synthèse des errements technologiques et des habitudes stylistiques française et britannique. Elle est, dans notre pays, la voiture d’express à bogies et intercirculation la plus ancienne subsistant à ce jour.


Bibliographie

« Le matériel moteur et roulant des chemins de fer de l’État du Paris- Saint- Germain (1837) au rachat de l’Ouest (1909) et à la SNCF (1938) » par Lucien- Maurice Vilain (éditions Dominique Vincent- 1972),

« Le « Titanic » à Cherbourg » par Gérard Destrais- Editions Isoète 1998.

« Les trains du Titanic » par Luc Fournier in « Correspondances » n° 11- Février- mars 2004.

Remerciements

Je souhaiterais remercier M. Luc Fournier, historien du ministère de la culture, pour toute l’aide qu’il nous a apporté pour rédiger cet article.

Un grand merci à l’Association Française du Titanic, pour les nombreux documents disponibles sur leur site. Il est aujourd’hui l’un des plus complet. Bravo encore pour tout ce travail: http://aftitanic.free.fr/

Un grand merci au site Roland Arzul, pour toutes les informations concernant les voitures Ouest et bien d’autres encore.

Liens

http://pagesperso-orange.fr/roland.arzul/transat/transat_ouest.htm

http://pagesperso-orange.fr/titanic/page95.htm

http://pagesperso-orange.fr/roland.arzul/transat/cherbourg.htm

http://pagesperso-orange.fr/roland.arzul/wl/ciwl_ouest.htm

http://aftitanic.free.fr/cartes%20postales.html

http://titanic.superforum.fr/la-vie-a-bord-f24/trains-transatlantiques-t800.htm

 

 


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3 réponses à “Au revoir voiture Titanic”

  1. 2 08 2009
    eric coquart (00:05:14) :

    bonjour, je suis le nouveau proprietaire de la station bac st maur à Sailly sur la Lys et suis possesseur d’un PLM 1930
    Avez vous des infos sur ce wagon et des photos pouvant m’indiquer les couleurs d’origine, car il passe en restauration bientôt
    Vous pouvez le voir sur www,staionbacstmaur.fr
    Je suis à la recherche de son historique et peux vous fournir son numero
    Dans l’attente de vous lire
    Salutations
    Eric

  2. 19 07 2010
    appartement paris (11:54:37) :

    Votre article est très intéressant! Bonne continuation!

  3. 11 04 2012
    BRILLEAUD Nicolas (02:38:16) :

    bonjour,
    effectuant des recherches sur l’un de mes arrières-grands-pères, je suis en mesure de vous donner l’identité du mécanicien qui conduisait le train transatlantique parti de la gare St-LAZARE le 10 avril 1882 conduisant les passagers qui allaient embarquer sur le Titanic à Cherbourg. Il s’appelait Ferdinand Hélix, né le 31 mai 1882 en Normandie. Il n’avait pas encore 30 ans, et fut très choqué par le naufrage du paquebot, pris d’un sentiment de culpabilité d’avoir amené « tous ces gens à la mort ». Bien que né le jour de ses 80 ans, je n’ai aucun souvenir de lui mais j’ai très souvent entendu ma mère, son unique petite fille dont il était très proche, nous raconter comment il était arrivé à Cherbourg et avait avec son chauffeur assisté à l’embarquement des passagers, qu’ils venaient d’acheminer de Paris, et du salut fait à la foule restée sur les quais par le commandant du Titanic avant que ce dernier ne quitte le port. Je n’ai malheureusement pas d’autre détail sur le type de machine qu’il conduisait ce jour là. Je continue mes recherches mais n’ai pour l’heure pas trouvé grand chose… En attendant cela me fait quelque chose de penser que c’est peut-être lui qui est au commande de l’une de ces machines que l’on voit sur les cartes postales qui illustrent votre article.
    Merci pour votre travail!! Soyez assuré que je vous ferais part de toutes informations complémentaires, si j’en trouve…

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